Médiateurs de santé pairs
Catégorie : Le rétablissementIls ont vécu la rue, la psychiatrie, les addictions et font de cette expérience une force pour exercer une nouvelle profession au sein d’équipes médico-sociales. Les médiateurs de santé pairs facilitent le lien avec les personnes atteintes de troubles pendant les six premier mois. Ensuite, ils restent porteurs d’espoirs pour les patients, comme pour les équipes soignantes.
Dès les années 1990 aux Etats-Unis, des groupes de personnes malades (sida, cancer) ou toxicomanes se sont organisés.
Ils voulaient :
• qu’on écoute leur expérience,
• qu’on les laisse participer à leurs soins.
Les personnes qui ont vécu des problèmes de santé mentale ont fait pareil. Elles demandaient :
• moins d’hospitalisation,
• moins de médicaments,
• d’autres façons de les aider.
Ce qu’on a appris Aux États-Unis, des personnes qui ont vécu ces problèmes (appelées « pairs ») aident maintenant d’autres malades. Elles sont meilleures pour créer un lien de confiance, surtout au début.
Dans plusieurs pays Aux États-Unis, au Québec, en Belgique ou en Suisse, des équipes de soins en santé mentale incluent des pairs.
Ces pairs ont vécu :
• la rue,
• la psychiatrie,
• des addictions.
Pourquoi c’est bien ?
• Ça donne de l’espoir aux malades.
• Ça montre qu’on peut avoir une place dans la société, même avec une maladie.
• Ça aide les malades à mieux comprendre les soins.
La France commence aussi à utiliser cette idée. Mais certains pensent encore que les maladies mentales empêchent d’aider les autres.
En 2012, un programme teste cette idée.
Il forme des « médiateurs de santé pairs » :
• 240 heures de cours,
• des stages pratiques.
29 personnes ont commencé la formation, 22 ont eu leur diplôme. Yves Bancelin est l’un d’eux. Il travaille maintenant dans une équipe de soins. Il dit : « Notre présence dans une équipe de soins donne déjà de l’espoir aux patients. C’est la chose la plus importante dans ce métier. »
Niveau de preuve
Sortie en 2015, l’étude action des centres collaborateurs de l'OMS dans le monde spécialisés en santé mentale (CCOMS) tire un bilan positif de son expérimentation.
Trois ans après le lancement du programme, seize médiateurs de santé/pairs sont toujours en poste, six ont commencé une autre activité professionnelle et trois ont repris des études, soit au total 79% du groupe de départ (23 personnes sur 29).
Aucun programme de ce type n’a montré un si fort taux de retour à l’emploi chez les personnes en arrêt de longue durée du fait de troubles psychiques. En 2014, les trois ARS participantes se sont engagées à pérenniser les financements des postes des médiateurs encore en activité, ce qui constitue un signe fort en faveur de ce dispositif.
De son côté, l’enquête qualitative menée par le Clersé (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques) constate que le programme expérimental a :
• montré la faisabilité de l’intégration de pairs-aidants professionnels dans les équipes des services de psychiatrie.
• permis une nouvelle réflexion et un nouveau débat dans les équipes sur la maladie et les pratiques de soins, sur le vécu des patients par rapport au soin et au rétablissement.
• montré qu’une certaine qualité de relation médiateurs de santé pairs (MSP)/usagers était possible.
📚 Articles scientifiques
Mis à jour le 26 septembre 2019
