Working first 13, du Canada à la Canebière
Catégorie : Le travailPour les personnes atteintes de troubles psychiques, le chômage est un facteur aggravant du sentiment d’exclusion. La majorité d’entre elles souhaite exercer une activité professionnelle pour améliorer leur vie, au niveau social et financier. Méthode élaborée au Canada, le Working first répond à cette demande par un accompagnement individuel intensif. En France, cette méthodologie est dupliquée par une équipe marseillaise depuis 2015.
D’abord trouver un travail, ensuite se former.
Le Working first est une nouvelle façon d’aider les personnes à trouver un travail.
Avant, on attendait que la personne soit prête avant de chercher un emploi. Avec le Working first, on fait l’inverse :
• On aide la personne à trouver un travail rapidement.
• Ensuite, on l’accompagne pour qu’elle s’adapte et reste dans son emploi.
Une méthode venue du Canada
Cette méthode s’appelle « Individual placement and support » (IPS). Elle a été créée dans les années 1990 pour aider les personnes suivies en psychiatrie. Au Canada, 70 % de ces personnes veulent travailler, mais entre 75 % et 90 % sont au chômage.
Un accompagnement personnalisé un job coach accompagne la personne :
• Il s’adapte à ses besoins et à ses envies, sans limite de temps.
• Les rencontres peuvent avoir lieu à la maison, dans un café, chez un employeur, ou ailleurs.
• Le job coach peut aussi aider dans l’entreprise, donner des conseils, ou informer.
Chaque personne est différente Certaines trouvent un travail sans parler de leur maladie. Elles apprécient ce soutien discret, mais rassurant. D’autres demandent une reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH). Elles sont accompagnées pour les entretiens d’embauche.
Un mieux-être au travail Trouver un travail, c’est aussi se sentir mieux. Une travailleuse sociale dit : « Écouter leur envie de travailler, c’est déjà les aider à aller mieux. »
Les 9 principes de l’Individual placement and support (IPS)
-Recherche rapide d’emploi (un mois)
-Travail sur le marché régulier
-Attention portée sur les préférences de la personne.
-Exclusion Zéro.
-Lien avec les équipes de suivi medico-social.
-Soutien illimité dans le temps.
-Développement réseau d’employeurs.
-Informer sur les enjeux économiques.
-Collaboration dans les prises de décision.
Niveau de preuve
Cette méthode d’accompagnement en emploi a été théorisée par la travailleuse sociale Deborah Becker et le docteur Robert Drake en 1993 et 1998.
Depuis, elle a été modélisée et évaluée au travers d’études comparatives qui lui ont reconnu une véritable efficacité : plus de 60% de personnes prises en charge trouvent un emploi en milieu ordinaire. En Europe, le taux moyen de retour en emploi avec la méthode IPS est de 47%. Dans l’équipe Working First de Marseille, 56% des bénéficiaires avaient décroché un emploi en 2018.
Depuis le début de l’expérimentation en 2015, l’équipe de job coachs marseillaise a accompagné 80 personnes. Ce suivi a permis la signature de 120 contrats. Les importateurs de la méthode IPS ont également dispensé 52 formations auprès de plus de 200 conseillers en emploi accompagné sur toute la France. Ils ont démarché plus de 1300 entreprises.
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Mis à jour le 9 octobre 2019
